La Société Psychanalytique de Tours

La Société Psychanalytique de Tours est une association loi 1901. Elle s’inscrit dans le prolongement de l’œuvre de Freud et souhaite promouvoir l’exercice de la psychanalyse en tant que discipline indépendante de la médecine et des diverses formes de psychothérapies. Elle se dotera, à court et moyen termes, des outils de formation et de réflexion jugés indispensables à la connaissance de la psyché. Cette association a pour but de préserver l’indépendance et l’autonomie de l’exercice de la psychanalyse face aux asservissements de tous ordres qui menacent actuellement sa spécificité.

Concourir à la formation et à la réflexion de ceux qui pratiquent déjà la psychanalyse indépendamment de leur appartenance à une école ou à une institution psychanalytique déjà existante. Elle s’adresse aussi à ceux qui désireraient acquérir les connaissances et la culture indispensables à l’exercice de cet art. Ses actions peuvent concerner un public plus large qui, s’intéressant aux manifestations de l’inconscient, pousserait la curiosité jusqu’à suivre les sessions de formation proposées par la Société. La visée de La Société Psychanalytique de Tours est donc éminemment culturelle par la promotion et les exigences qu’elle définit pour la pratique de la psychanalyse. Elle tendra donc à rendre accessible la cure psychanalytique au plus grand nombre en inscrivant ses actions en résistance à l’oppression sociale et politique souvent relayée par les institutions soignantes existantes.




PROGRAMME 2016-2017

 

SÉMINAIRE Psychanalyse et déconstruction

 

La poursuite du séminaire de Francis Capron Psychanalyse et déconstruction donné au sein d'Espace Analytique à Paris et de La Société Psychanalytique de Tours à Tours.

 

Ce séminaire est ouvert au public.

Inscription : Francis Capron, 02 47 66 90 73.

Participation de 5 euros à chaque séance du séminaire.

Les vendredis de 20h30 à 22h00.

 

Calendrier Tours :                                                                            

Vendredi 14 Octobre 2016                                                                   

Vendredi 25 Novembre 2016                                                              

Vendredi 13 Janvier 2017                                                                     

Vendredi 17 Février 2017                                                                   

Vendredi 24 Mars 2017                                                                     

Vendredi 12 Mai 2017                                                                        

Vendredi 16 Juin 2017                                                                      

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

Calendrier Paris :

Lundi 17 Octobre 2016

Lundi 28 Novembre 2016

Lundi 9 Janvier 2017

Lundi 20 Février 2017

Lundi 27 Mars 2017

Lundi 15 Mai 2017

Lundi 19 Juin 2017

 

Lieu : ESPACE ANALYTIQUE, 12 rue de Bourgogne, 75007 Paris.

 

 

GROUPE DE RECHERCHE

 

Ce groupe de recherche se réunit une fois par mois depuis le 23 mars 2013.

Les samedis de 11h à 15h30.

 

Calendrier :

1er octobre 2016

12 novembre 2016

28 Janvier 2017

 

Lieu :  2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

Inscription préalable auprès de Francis Capron : 02 47 66 90 73.

 

Accès libre aux adhérents après inscription ; 65€ pour les personnes extérieures à la Société.

 

 

ANALYSE DE LA PRATIQUE

 

Animé par Francis Capron, ce groupe s'adressera à de nouveaux praticiens (Psychologues, Psychothérapeutes, Psychanalystes) et fonctionnera selon la méthodologie de l'inter-contrôle dans laquelle chacun(e) sera invité(e) à exposer, à son tour, une prise en charge déjà entamée, ou d'entretiens préliminaires, afin de problématiser une question.

 

Les vendredis de 12h à 13h30.

 

Inscription : Francis Capron, 07 47 66 90 73.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 

Introduction à la lecture de Jacques Derrida

 

Le groupe de lecture animé par Catherine Kauffmann et Isabelle Riffault aura pour thème une Introduction à la lecture de Jacques Derrida.

 

Les vendredis de 12h à 13h30.

 

Inscription : Catherine Kauffmann, 06 81 99 71 39.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 

« UNE JOURNEE AVEC... »

 

La poursuite du projet « Une journée avec... ». Hélène Cixous pourrait être notre première invitée. Il est décidé que l'organisation de cette journee tenterait de se faire de façon conjointe avec Espace Analytique.

 

 

L'inconscient de la Grammaire française

 

Le groupe de recherche animé par Nicole Fontaine autour du thème L'Inconscient de la grammaire française.

Il s’agira de travailler notamment à partir des publications de :

- Michel Arrivé, grammairien, philosophe, linguiste  ayant enseigné à l’Université Paris X Nanterre ;

- François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue. Nous lisons la « quatrième de couverture » de son ouvrage Cinq concepts proposés à la psychanalyse. François Jullien propose, notamment dans cet ouvrage, une approche de la psychanalyse sous un jour oblique, la révélant dans son impensé. Cet impensé se construit autour de cinq concepts de la pensée chinoise et interroge le fait de savoir si Freud, en dépit de la révolution qu’il opère, n’est pas demeuré dépendant de l’outillage intellectuel européen ;

- Sylvain Auroux, linguiste. "Recherches sur l'histoire et l'épistémologie des sciences du langage".

 

Toutes les 6 semaines, les vendredis de 12h à 13h30.

 

Calendrier : Il sera précisé ultérieurement.

 

Lieu : 2 rue Paul-Louis Courier (à l'angle de la rue des Tanneurs) à Tours.

 

 


 

Hommage à Elsa Cayat. Au nom de la psychanalyse


Chers amis,

Nous publions en première page de notre site la déclaration de Delphine Horvilleur, prononcée en hommage à Elsa Cayat, praticienne de la psychanalyse, et membre de la rédaction du journal Charlie Hebdo.

Ce texte doit être publié pour plusieurs raisons :

Il est de la responsabilité d'une société de psychanalyse de s'opposer à la barbarie et ceci d'autant plus qu'un membre de la communauté analytique en a été victime.
Bien que rédigé et prononcé par une femme rabbin, ce texte est un texte laïque, profondément respectueux des opinions de chacun, dénonçant l'abusif religieux sous toutes ses formes (le bu et le cru) comme pouvant mener à la dictature. Ce texte est dans la droite ligne d'une psychanalyse laïque définie par Freud.

De ce fait, ce texte rend hommage également à la psychanalyse, et fut donc écrit probablement au nom de la psychanalyse (c'est notre lecture), de sa pratique comme de ses engagements, à l'image de la pratique et de l'engagement d'Elsa Cayat.

C'est donc un magnifique texte d'analysant.

Francis Capron



TEXTE PRONONCÉ PAR LE RABBIN DELPHINE HORVILLEUR LORS DES FUNÉRAILLES D’ELSA CAYAT, LE 15 JANVIER 2015, REPRODUIT EN ACCORD AVEC LA FAMILLE.


Elsa avait l’habitude de commencer chacune de ses séances de thérapie, en disant à ses patients : « Alors, racontez-moi ! ».
Alors j’aimerais que nous écoutions cette invitation qu’elle donnait à la parole de l’autre, et que nous racontions, même si ce cimetière est aux antipodes de son bureau en désordre, même si sa fumée de cigarette ne tournoie plus dans les airs. Racontons ici, en ce lieu, qui fut Elsa Cayat, ce qu’elle fut pour ses parents, ses frères et sœurs, pour sa famille, son compagnon, ses neveux, ses patients, ses collègues, pour sa famille de Charlie Hebdo, pour sa fille.
Il nous faut raconter ici la femme exceptionnelle d’intelligence, de vivacité d’esprit et d’humour que vous avez connue. Il faut raconter la vie d’une femme hors du commun comme on raconte une histoire – et je crois qu’elle adorait les histoires. Comme elle adorait les livres.
Adolescente, elle avait dit à sa sœur : « Tu dois lire au moins un livre par jour ! Nietzsche, Heidegger, Freud... Peu importe ! ». C’était là le régime minimal de la culture et de l’amour du savoir et des mots tel qu’elle les concevait.
Elsa aimait passionnément les livres, surtout les polars... parce qu’elle adorait les intrigues et les romans qu’on ne peut plus lâcher et qu’à la fin, disait-elle, « on découvre toujours l’identité de l’assassin, et même son mobile ».
Quel assassin, quel mobile font que nous l’accompagnons ici aujourd’hui ? Qu’aurait-elle dit de cette intrigue-là ? Peut-être qu’elle aurait su en rire, qu’elle aurait même pu partir dans un éclat de rire contagieux.
Je sais combien sa présence manque déjà à tant de gens réunis ici, proches, familles, patients, confrères, voisins. Elle avait tissé des liens avec tant d’êtres et ne laissait personne indifférent.
En tant de points, elle avait créée son unicité, sa façon d’être hors du commun.Y compris dans sa pratique psychanalytique dont d’autres parleront bien mieux que moi. Elle n’était ni freudienne, ni lacanienne. Elle était « Cayatienne », une école à part, l’école de quelqu’un qui chérit la liberté au point de l’enseigner continuellement à l’autre, l’école de quelqu’un qui sait vous scruter en profondeur et vous dire exactement où ca fait mal, où placer les mots, comment jouer avec eux pour que le langage vous soigne.
Ces jeux de mot, cette passion du langage et du débat, vous le savez, est très chère au judaïsme et à ses sages. Je me dis qu’elle aurait peut-être pu faire un très bon rabbin – qu’elle ne m’en veuille pas de lui dire cela, à elle, la juive laïque, l’athée pratiquante.
J’espère qu’elle ne m’en voudra pas non plus, elle qui aimait tant les histoires et les intrigues, de vous raconter à sa mémoire une histoire, un enseignement du Talmud qui me semble parler un peu d’elle.
Le Talmud raconte un célèbre débat entre des grands sages à la maison d’étude. Ils débattent comme ils savent si bien le faire. Le ton monte et chacun défend avec passion et virulence son point de vue. Imaginez l’ambiance d’une conférence de rédaction à Charlie Hebdo, transposée au monde de la Yeshiva.
Rabbi Eliezer dit alors : « J’ai raison, j’ai forcément raison. Pour le prouver, dit-il, que cet arbre soit immédiatement arraché ! » Dans la seconde, l’arbre est déraciné et planté 100 mètres plus loin. Réaction des autres rabbins : ils haussent les épaules : « Et alors ? Cela ne prouve rien ! »
Alors, Rabbi Eliezer poursuit sa démonstration : « Si j’ai raison que les murs de la maison d’étude s’effondrent sur nous ». Immédiatement, les parois de la Yeshiva commencent à s’affaisser. Les autres sages se tournent vers les murs et leur disent : « De quoi je me mêle ? Ceci est un débat entre les sages, ne bougez pas et restez en place ! » Les murs s’immobilisent. À bout d’arguments, rabbi Eliezer en appelle à Dieu lui- même et dit : « Si j’ai raison qu’une voix céleste le confirme ». Immédiatement, une voix céleste annonce : « Rabbi Eliezer a raison ». Silence à la maison d’étude. Alors, se lève un homme, Rabbi Yoshoua et il dit à Dieu : « cette discussion ne te regarde pas ! Tu nous as confié une loi, une responsabilité, maintenant elle est entre nos mains. Tiens-toi loin de nos débats. »
Voilà comment les rabbins du Talmud parlent à Dieu, avec une certaine insolence, en lui disant : « N’interviens pas dans les débats des hommes, car la responsabilité que tu nous as confiée est entre nos mains. » Cet épisode s’achève de façon plus étrange encore, par la réaction de Dieu. En entendant cela, affirme le Talmud, Dieu se met à rire et il dit avec tendresse : « Mes enfants m’ont vaincu ! ».

À L’HEURE QU’IL EST, DIEU EST PEUT ÊTRE DÉJÀ SUR LE DIVAN D’ELSA

Pourquoi vous raconter cette histoire ? Quel rapport a-t-elle avec Elsa ? En apprenant à découvrir son univers ces derniers jours, il m’a soudain semblé que cette histoire était très « cayatienne ».
C’est l’histoire d’un divin qui rit et se réjouit d’une humanité impertinente, d’une humanité qui dit avec humour à son dieu « Prière de ne pas déranger – nous sommes aux commandes ».
C’est l’histoire d’un dieu qui rit et se tient à distance, d’un dieu qui se réjouit qu’on lui dise : le monde est « athée », au sens littéral du terme, c’est à dire que Dieu s’en est retiré pour que les hommes agissent en êtres responsables. Ce dieu-là n’est pas le dieu des Juifs mais le dieu de tous ceux qui, croyant en lui ou n’y croyant pas, considèrent que la responsabilité est entre les mains des hommes, et tout particulièrement de ceux qui interprètent ses textes. Bref, un dieu de liberté.
Dans sa toute dernière chronique, publiée à titre posthume dans Charlie Hebdo, hier matin, Elsa écrit :« La souffrance humaine dérive de l’abus. Cet abus dérive de la croyance, c’est-à-dire de tout ce qu’on a bu, de tout ce qu’on a cru. »
Tel est son dernier et puissant message : Soyez assez libres pour dépasser tout ce qui vous a abusé, c’est à dire tout ce qu’on vous a fait ‘boire’ au biberon, tout ce qu’on vous a fait avaler tout cru, sans que vous ne l’ayez pensé, repensé et, surtout, interprété. Tel est l’héritage de la psychanalyse, de la pensée critique, et (je veux le croire) d’une pensée religieuse mature et vivante.
Les héritages, les croyances, et les textes – surtout les textes – sont là pour être interprétés, pour être digérés, parfois très loin de leur sens littéral. Sans cela, ils nous aliènent, nous enferment dans la souffrance, nous imbibent de leur abus. Ils nous condamnent.
Cette toute dernière chronique, ce dernier message d’une intelligence profonde, est comme sa toute dernière séance de thérapie, pour tenter de nous faire aller un peu mieux, au cœur de la tragédie.
À l’heure qu’il est, Dieu est peut être déjà sur le divan d’Elsa. C’est à lui qu’elle dit : « Alors racontez-moi ! », tandis que les volutes de sa cigarette forment des nuages sur nos têtes.
Puissiez-vous envelopper de votre affection ses proches, ses parents, sa famille, et surtout sa fille. Qu’elle chante encore dans la rue, comme elle le faisait avec sa mère. Qu’elle soit nourrie du souvenir précieux d’une mère hors du commun, qui aimait la vie et dont nul ne peut assassiner le souvenir.
Que, selon les mots de notre tradition, son souvenir soit tissé dans le fil du vivant. Que son histoire soit cousue à vos existences – après tout, son nom de famille « Cayat », signifie « couturier », à la fois en hébreu et en arabe – et puissions-nous chérir ensemble la mémoire d’une femme libre.





APPEL

Appel pour une assemblée constituante pouvant penser les questions actuelles relatives au bien-fondé d'une institution psychanalytique soucieuse de ses liens avec le social et le politique



La question de la spécificité et de la validité de la psychanalyse comme du rôle de ses institutions n’est pas nouvelle et cela, même si elle revêt de nos jours un caractère particulier. Elle reste depuis sa création sujet de controverse. Des livres brûlés du totalitarisme aux livres noirs d’aujourd’hui, ou autres tentatives plus pernicieuses d’enfermement du sujet dans une grille normative, une telle prise de position à son égard peut être lue comme étroitement liée à son objet : l’inconscient.

Peut-être alors faudrait-il en re-penser l’urgence, problématiser son rôle présent et à venir en lien direct avec l’évolution du social et du politique ?

En effet, si la psychanalyse fut une réponse à un certain contexte social dans lequel elle est née, comme d’ailleurs en témoigne la correspondance intégrale de Freud à Fliess, à quoi, de nos jours, serait-elle susceptible de répondre ou à quoi continue-t-elle de répondre de manière spécifique ?

Comment reste-t-elle cette « trouvaille » sans cesse remaniée par son inventeur et par ceux après lui afin qu’elle reste, comme elle le fut toujours, ce lieu de la résistance à l’oppression et à l’aliénation, ce lieu du désir et de ses redéfinitions indispensables, voire ce lieu de subversion et de révolte ?

Si sa pratique semble immuable, comment restera-t-elle spécifique et vivante si, comme on peut le constater, les institutions qui la représentent deviennent des temples où la conservation de la théorie et de l’héritage prend le pas sur les indispensables remaniements d’une métapsychologie toujours à re-penser dans le contexte historique, comme d’ailleurs le fit Lacan dans son retour à Freud ?

Car il semble qu’une certaine psychanalyse persiste à se positionner comme si rien ne devait changer, comme si elle voulait ignorer ce que chacun sait : la société d’aujourd’hui n’est aucunement coupée des souffrances qui viennent s’exprimer sur le divan, bien au contraire puisque c’est elle essentiellement qui les fait naître par la modification perpétuelle de ses figures et de ses formulations. Comment pourrait-on aujourd’hui se contenter d’en faire la lecture au travers d’une grille qui méconnaît le contemporain, l’actuel et sa temporalité en se référençant à des conceptions qui font de la théorie une catéchèse dont il paraît bien difficile de s’écarter ?

Comment garantir aujourd’hui l’invention d’un lien vivant entre le souci constant de préserver l’héritage d’une pensée par le biais des transferts individuels et l’expérience susceptible de remettre ce savoir en question, condition nécessaire pour écarter le risque d’imprégner un modèle dans la direction de la cure ? Les rapports figés du sujet au fantasme et à l’objet du désir, quand ce n’est pas l’enlisement d’un conflit de génération en génération, sont dès lors exposés à se transmettre comme tels.

Comment préserver aujourd’hui la vitalité du lien entre l’espace privé de la cure dans lequel se noue le transfert et l’espace public dans lequel la psychanalyse manifeste ou argumente sa théorie en rapport au social et au politique ? Force est de constater que ces deux modes d’existence de la psychanalyse sont aujourd’hui clivés et que ce clivage vient rendre compte de la difficulté du lien social entre psychanalystes ou de l’impossible pensée d’une impossible communauté de pensée.

Si, et comme nous l’avons dit, les institutions analytiques reflètent l’espace public et donc politique de la psychanalyse par le développement de sa théorie tout en rendant compte de sa pratique, nous pouvons légitimement nous demander pourquoi ces mêmes institutions entretiennent à dessein la relation « maître/élève » sans promouvoir une authentique vie démocratique en leur sein ? Peut-être leur serait-il profitable de revenir aux sources de l’invention démocratique là où démocratie et tragédie ont été mariées à Athènes sous Périclès et sous Sophocle et peut-être alors ces institutions pourraient-elles penser une société, soit ses solidarités, ses espérances, ses confiances, ses transmissions, ses mémoires, ses imaginaires dans un au-delà de la fraternité ? Peut-être alors pourraient-elles sortir de leur impuissance à inventer une alternative dans la crise très politique qui les traverse toutes ?

La Société Psychanalytique de Tours est issue d’un mouvement de pensée, né en 1970 avec Confrontations, suivi du Collège des psychanalystes en 1980 puis de la tenue des États Généraux de la Psychanalyse en 2000, véritable mouvement de pensée dont on ne peut que regretter qu’il n’ait pu jusqu’à ce jour se constituer en alternative ou constituer une alternative aux sempiternelles guerres intestines que se livrent les institutions analytiques entre elles. Le temps est peut-être venu de penser l’avenir d’un tel mouvement afin qu’il constitue sa propre visée en affirmant sa propre politique au-delà des clivages traditionnels. C’est dans cette perspective que la Société Psychanalytique de Tours en appelle aujourd’hui à la formation d’une assemblée constituante dont l’objet serait de penser l’institution psychanalytique de demain, ses enjeux pour elle-même et pour la culture, celle qui préserverait l’héritage sans se replier sur elle-même, celle qui tenterait de faire vivre la psychanalyse au-delà des dogmes et du religieux, au-delà des souverainetés institutionnellement installées car comme l’écrivait Bataille « il n’est pas sûr qu’il suffise de lutter contre l’ordre totalitaire, si l’on veut que la pensée ne soit ni inclinée, ni subordonnée, ni assujettie ».

Psychanalystes, encore un effort si vous voulez être républicains !!


La Société Psychanalytique de Tours

Si vous désirez répondre à cet appel, il vous suffit de nous écrire à : contact.infos@lasocietepsychanalytiquedetours.net
ou de nous téléphoner : 02 47 66 90 73 ou 02 47 75 18 14